Des collections, à l'opposé de la France

Publié le samedi 13 septembre 2025

Si vous avez pu vous familiariser avec la partie base de données, les fiches des séries, les filtres, vous vous êtes peut-être demandé ce que c’était YOUNG MAGAZINE KC, YANMAGA KC SPECIAL, etc…


Les cibles, c'est quoi exactement ?

En France, il n’existe pas réellement de collection à proprement parler, nos éditeurs utilisent les cibles éditoriales comme collection (Pika Shonen, Pika Seinen, etc), voir même une couleur (chez Glénat, vert pour le Shōnen, violet pour le seinen). Akata Éditons n’y échappe pas, Small, Medium, Large. Des termes pour dire indirectement, et respectivement, Kodomo, Shōnen, Seinen.

Avant d'aller plus loin, il est utile de rappeler ce que sont les cibles éditoriales. En effet, beaucoup les mélangent avec les genres.
Comme son nom l’indique, ça cible. La cible éditoriale vise une tranche d’âge, ainsi qu’un sexe (je n’emploierais pas le terme genre, sinon on va se mélanger avec les genres des œuvres).
Le nom des cibles se traduit littéralement.

Cible éditoriale Tranche d'âge
Kodomo (enfant) Il vise nos enfants qui sont à l'école élémentaire, jusqu'au CE2
Shōnen (jeune garçon) Shōjo (jeune fille) Fin de l'école élémentaire (CM1) aux dernières années de lycée (Terminale)
Seinen (jeune homme) Josei (femme) Lorsqu'on débute les études supérieures

Ces tranches d’âge ne sont pas absolues, rien n’empêche une personne adulte de lire un Shōnen ou un Kodomo. Le sexe ne l’est pas non plus, messieurs, rien ne vous empêche de lire des Josei.
Ces cibles éditoriales sont un indicateur, une porte. Il est tout à fait naturel en tant qu’adulte de ne plus être attiré par les Shōnen, et même des Shōjo. Quand les manga sont publiés dans les magazines, ils sont conditionnés par l’équipe éditoriale afin de répondre à un public précis. Mesdames, ne vous fâchez donc pas quand un homme adulte refuse de lire des Shōjo.


Un système de collection différent de la france

Chaque magazine est différent. Étant donné que ce blog est axé sur le YOUNG Magazine de la Kōdansha, je vais prendre pour exemple cet éditeur.
L’éditeur possède une page listant les différents magazines encore en service, avec une petite description comprenant notamment la cible éditoriale.

La page est séparée en 2 parties, les magazines et les applications. Ce qui va nous intéresser est la première partie. Pour commencer, il n’existe pas de magazine Kodomo à la Kōdansha. Il reste donc 4 cibles qui sont Shōnen, Shōjo, Seinen et Josei. Eh bien non ! Le Shōjo “n'existe pas”, les magazines Shōjo sont sous la même bannière que les magazines Josei. Et le Seinen ? Cas particulier, puisque le terme peut autant être traduit par “jeune homme” que “jeune adulte”. Avec ce qui suit, je pencherais pour la traduction “jeune adulte”.
Dans les magazines pour “jeunes adultes”, nous avons actuellement le YOUNG Magazine, le Monthly YOUNG Magazine, le Yanmaga Web. Ils visent les hommes.

Ensuite, nous avons le Morning, Morning two, Afternoon et Good! Afternoon (et le défunt Evening), ces magazines ne visent pas uniquement les hommes. Ils sont décrits comme covenants autant aux hommes qu’aux femmes.

Après un certain nombre de chapitres parus, les tomes paraissent. Là où en France, on met les tomes dans des collections basées sur les cibles éditoriales, au Japon, les collections correspondent aux magazines. Chaque magazine ne possède pas sa propre collection, les magazines forment une famille comme par exemple :
- YOUNG Magazine, Monthly YOUNG Magazine, Yanmaga Web : Yanmaga KC, Yanmaga étant la contraction de ヤンマガジン (Yangu Magajin).
- Morning, Morning two : Morning KC
- Afternoon, good! Afternoon : Afternoon KC

Le cas du Weekly Shōnen Magazine et des autres magazines finissant en Shōnen Magazine est spécial. Les manga ne sont pas dans une collection appelée Shōnen Magazine KC ou Shōnen KC. Étant donné que le Weekly Shōnen Magazine est le tout premier magazine de manga de la Kodansha, la collection est tout simplement nommée Kodansha Comics. Si vous vous demandiez d’où venait, et signifiait l’acronyme KC, vous avez maintenant la réponse. L’éditeur n’utilise pas le terme manga, mais comics コミックス (komikkusu).


Plus qu'une collection

Avec 45 ans de services, le YOUNG Magazine n’a pas connu que le Yanmaga KC Special.

Lancée en juin 1981, 1 an après le début du YOUNG magazine, et se calque sur les autres collections déjà existantes. Un logo vertical contenant les lettres K et C, et entre les 2, le nom du magazine en japonais. La première collection s’appelle ヤングマガジンKC (YOUNG magazine KC). En troisième de couverture, nous pouvons retrouver la liste des séries et tomes déjà publiés, un autre nom est utilisé : YMコミックス (YM Comics). Il est utilisé dans la phrase suivante “YMコミックス既刊” (littéralement, "Déjà publié dans la collection YM Comics”).

Il se distingue de par sa petite taille, appelé 新書 (shinsho), c’est un format poche. C'est le format par défaut des Shōnen au Japon. En France, l’éditeur qui s’en rapproche le plus en termes de taille et pagination, est Akata Editions. Le format shinsho fait 169 x 111 mm. La pagination est d’environ 180 pages.

Ils sont au nombre de 4 à inaugurer la collection avec une date d’impression au 10 juin 1981 (date réelle de sortie inconnue) :

  1. P.S. Genki desu, Shunpei de Fumi SAIMON
  2. OH! Takarazuka de Shō FUMIMURA et Shinji ONO
  3. Good Girl de Kimio YANAGISAWA
  4. Nerima no Itachi de Tetsuya CHIBA
Image 1 P.S. Genki Desu, Shunpei
Fumi SAIMON / © Kōdansha
Image 2 OH! Takarazuka
Sho FUMIMURA, Shinji ONO / © Kōdansha
Image 2 Good Girl
Kimio YANAGISAWA / © Kōdansha
Image 2 Nerima no Itachi
Tetsuya CHIBA / © Kōdansha

Pourquoi j’ai utilisé des chiffres et non des tirets pour ma liste ? Au Japon, les mangas sont codifiés. Un numéro leur est attribué, et il est visible sur le dos. Chaque collection possède sa propre numérotation. Bien que marqué sur le dos, et sur le colophon (la page contenant les informations d’impression, ISBN, mentions légales, etc.), ces numéros n’indiquent pas l’ordre auquel sortent les manga. Le numéro est extrait de l’ISBN. Un ISBN peut donc être attribué bien tôt, mais le tome sort bien plus tard. Un bel exemple est Akira, avec les numéros 12 à 14 réservés correspondant aux tomes 2 à 4.

Vous pourrez retrouver ces codifications sur cette page : https://young-edge.fr/db-manga-codif.php

À savoir que depuis l’été 2017, plus aucune collection de l’éditeur ne possède son propre numéro. Pour continuer cette numérotation pour le bien de la base de données, et étant donné que le numéro était extrait de l’ISBN, j’utilise alors les 6 derniers chiffres avant la clé de sécurité.

Les derniers tomes à sortir dans cette collection sont les tomes 5 à 7 de Gyuwan Buraa Jiko Chūshin‑ha de Katayama MASAYUKI. Ce sont les seuls tomes de cette collection à sortir en 1985 et ils portent les numéros 73 à 75.

Image 1 Gyuwan Buraa Jiko Chūshin‑ha
Katayama MASAYUKI / © Kōdansha
Image 2 Gyuwan Buraa Jiko Chūshin‑ha
Katayama MASAYUKI / © Kōdansha
Image 2 Gyuwan Buraa Jiko Chūshin‑ha
Katayama MASAYUKI / © Kōdansha

De la même manière, lors de la fusion Delcourt/Tonkam, les séries qui étaient sur le point de se finir se sont terminées dans la collection d’origine. À ce moment-là, seulement Harō Harinezumi de Kenshi HIROKANE était en cours. Ses 7 premiers tomes dans la collection YOUNG Magazine KC, puis réédités dans une toute nouvelle collection.


Au commencement de la pérennité

Cette nouvelle collection lancée le 18 juin 1983 (date d’impression) est appelée Yanmaga KC Special, et son inaugurateur est Chūhai Lemon. Les débuts seront très timides, la collection originale YOUNG Magazine KC va continuer d’exister en parallèle pendant 2 ans. Ce qui fait qu’en 1 an, seulement 13 tomes vont sortir, soit presque 1 tome par mois.

Chūhai Lemon aux numéros 1, 3 et 9
Harō Harinezumi aux numéros 2, 4 à 8, 10, 12 et 13
BE-BOP-HIGHSCHOOL avec le numéro 11

Image 1 Chūhai Lemon
Shō FUMIMURA, Tsutomu SHINOHARA / © Kōdansha
Image 2 Harō Harinezumi
Kenshin HIROKANE / © Kōdansha
Image 2 BE-BOP-HIGHSCHOOL
Kazuhiro KIUCHI / © Kōdansha

Les premiers numéros sont alors accaparés par la réédition de Harō Harinezumi.

La collection voit plus grand sur tous les points. 179 x 126 mm (B6), des paginations en moyenne à 230 pages, pouvant monter à des 280 !
Mais au fil des années, la pagination va baisser : 220, 200, 190, 180. Par contre, le prix va grimper. Aujourd’hui, on a atteint les 128 pages pour certains mangas, dits sexy, qui, je pense, sont faits pour maintenir un rythme de sortie soutenu et se faire plus d’argent sur les adolescents en chaleur. Les autres mangas sont toujours aux alentours de 180 pages.

L’utilisation du mot "aujourd’hui" indique que cette collection est toujours en vie aujourd’hui, et toujours au format B6. Les 3000 tomes ont été atteints en été 2017, et ça continue de monter tous les mois.

Cette collection se distingue par son triangle inversé. À l'intérieur de ce triangle se trouve en haut la contraction du nom du magazine : ヤンマガ (Yanmaga), et KC au milieu de ce triangle. Avant, il y avait la mention スペシャル (Supesharu), elle n’est plus présente depuis le milieu des années 90, environ 1994 ou 1995 (présent sur Dragon Head, mais pas Initial D).

Ce label réunit tous les manga venant des magazines YOUNG Magazine. Il existe certains cas qu’on va voir maintenant.


Exactement 30, ce fut court

Et la première exception est l’Exacta. Venant du magazine YOUNG Magazine Special Edition Exacta, supplément en lancée 1993. Il possède sa propre collection : Yanmaga KC Exacta. Il est aussi au format B6. 30 tomes constituent cette collection.

Le premier étant BOXER de Atsushi OKAMURA et le dernier sera Shiawase no Hikōkigumo de Tetsu ADACHI.

Image 1 BOXER
Atsushi OKAMURA / © Kōdansha
Image 2 Shiawase no Hikōkigumo
Tetsu ADACHI / © Kōdansha

Au sommet

Le Uppers reprend là où s’est arrêté le Exacta en 1997. Les séries en cours sont transférées. Les manga apparaissent alors dans une nouvelle collection qui se nomme tout simplement Uppers KC.
Le logo du Uppers est une flèche pointant vers le haut, avec la mention アッパーズ (Appāzu) en petit, puis UP’s KC en dessous.
Le premier tome à sortir est Hagane de Masaomi KANZAKI, et le dernier Kyōkō Sōsa Ikka Kyōhan-kakari de Hideo YOKOYAMA et Jūsanjū TOKORO.
Il est difficile de dire combien de tomes contient la collection Uppers KC. Au moins 262 tomes constituent cette collection. Le format est aussi B6.

Image 1 Hagane
Masaomi KANZAKI / © Kōdansha
Image 2 Kyōkō Sōsa Ikka Kyōhan-kakari
Hideo YOKOYAMA, Jūsanjū TOKORO. / © Kōdansha

On le met ici ?

KC Deluxe (abrégé KCDX) est une collection très importante. Et très particulière… C’est une collection commune à toutes les équipes éditoriales, que ce soit celle du Weekly Shōnen Magazine, du Kiss, ou du Morning. L’équipe du YOUNG Magazine y contribue aussi. C’est la collection fourre-tout, quand les spécificités d’un manga ne peuvent pas répondre aux normes de la collection du magazine en question. On y retrouve les grands formats comme Akira ou Ghost in the Shell, mais aussi les guidebooks. Il existe des cas particuliers comme La dame de la chambre close de Minetarō MOCHIZUKI qui est publié en KC Deluxe alors qu’il est au format B6. Certaines rééditions de manga s’y retrouvent. Parfois ça rejoint la collection par défaut, parfois KC Deluxe. Certains choix nous laissent dans l’incompréhension.

Image 1 AKIRA
Katsuhiro OTOMO / © Kōdansha
Image 2 Ghost in the Shell
Masamune SHIROW / © Kōdansha
Image 2 La dame de la chambre close
Minetarō MOCHIZUKI / © Kōdansha

Pourquoi pas là ?

Pour rester dans l’incompréhension, nous avons Wide KC (ワイドKC). Une collection réservée aux formats A5, donc grand format. Certains grands formats sont en KC Deluxe, d’autres en Wide KC. Ne me demandez pas pourquoi !
Tout comme KC Deluxe, elle est ouverte à toutes les équipes éditoriales.


Quand t'as faim en pleine nuit

Kōdansha Platinum Comics (KPC) est une collection que l’on pourrait nommer “BEST OF”. Au format B6, oscillant entre 200 et 400 pages, il s’agit d’une collection qui réunit des extraits des meilleurs passages d’une œuvre. Ou une réédition d’une série au format double.

Ce format est aussi appelé Konbini-ban, car vendu dans les Konbini. Les prix sont très attractifs. Pour le prix d’un 1 tome, vous avez le contenu de 2 tomes. Contrairement aux rumeurs, le papier est de même qualité que le papier des Tankōbon. La disponibilité des tomes est en revanche très limitée.


Pour ceux qui prennent leur mangathèque pour un musée

Pour finir, il y a Kōdansha 限定版・特装版 (Genteiban · Tokusōban), qui se traduisent respectivement par “édition limitée” et “édition spéciale”. Comme son nom l’indique, c’est ici que l’on retrouve toutes les éditions limitées et collectors. Les tomes sortent dans la collection プレミアムKC (Premium KC).

Il existe bien sûr d'autres collections, mais je me suis concentré sur les principales que vous allez voir en permanence.

J’ai mentionné des magazines qui ne vous disent peut-être rien, comme le Exacta ou Uppers. Ce sera le sujet d’un autre post.

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